Là où il n’y avait ni école, ni médecin, ni ministre du culte, il fonde la Mission de Guajará-Mirim. C’était en 1932…

Le diocèse de Guajará-Mirim (Dioecesis Guaiaramirensis) appartient à la Province ecclésiastique de Porto Velho et au Conseil épiscopal régional du Nord-Ouest de la conférence nationale des évêques du Brésil. Son siège épiscopal se trouve dans la ville de Guajará-Mirim, dans l’État de Rondônia.

Monseigneur Xavier Rey,
l’évêque pionnier

L’histoire de la prélature coïncide avec la création de la municipalité de Guajará-Mirim, créée le 10 avril 1929. La prélature a été érigée par le Saint-Siège le 1er mars 1929, avec la bulle Animarum Cura du pape Pie XI, pour la catéchèse des Indiens et des extracteurs de caoutchouc.

Le 23 janvier 1932, Dom Rey, le Père Francisco Maria Herail, le Frère Teófilo Arcambal, franciscains du Tiers Ordre Régulier (TOR) arrivent de France par bateau.

Dès le début, Mgr Rey se tourne vers l’éducation.

Il crée successivement 33 écoles dans la vallée du fleuve Guaporé, un collège à Guajará-Mirim, avec toujours le même objectif : l’éducation des filles riveraines, la formation de futures enseignantes et animatrices des communautés de l’intérieur.

Mgr Rey accorde une attention semblable au domaine de la santé (soins à domicile pour les malades) et, en 1946, il crée un hôpital, remis en 1956 au gouvernement du territoire fédéral de Guaporé.

En 1956, Dom Rey pose les fondations de la cathédrale de Nossa Senhora do Seringueiro à Guajará-Mirim.

Dom Roberto, créateur des premières communautés de base

Authentique défenseur des Indiens, Dom Rey dirigea en 1961, le mouvement de rapprochement des Indiens Oro-Wari (Pacaas Novos). Il délègue le frère Luiz Gomes de Arruda (Dom Roberto), qui reste 6 mois dans les forêts de la rivière Negro-Ocaia, avant d’établir le contact et la paix avec les indigènes.

En 1964, Mgr Luiz Gomes de Arruda est nommé par le Saint-Siège comme Prélat Coadjuteur de Dom Rey, avec droit de succession.

Le 15 août 1966, Dom Luiz Gomes de Arruda (Dom Roberto), est consacré deuxième évêque prélat de Guajará-Mirim. Il est le créateur des premières communautés de base ecclésiales de la région de Guajará-Mirim et l’un des membres fondateurs du CIMI (Conselho Indigenista Missionário).

Le 8 décembre 1978, Dom Roberto démissionne de l’administration de la Prélature et devient missionnaire et animateur des communautés de la nouvelle région du Colorado do Oeste. Après quelques années passées là-bas, il consacra son temps à l’étude et à la transcription des légendes et mythes Oro-Wari.

Le père Bendoraitis

Le père Bendoraitis, d’origine lituanienne, collègue du Père Gérard Verdier au séminaire de Paris, arrive avec lui à Guajará-Mirim.

Grand entrepreneur, il est le créateur entre autres, de l’hôpital Bom Pastor, du village indigène de Sagarana en 1965, de la première Radio de la ville, la radio Educadora le 18 novembre 1964.

Dom Geraldo Verdier

Il est originaire du Tarn suivra Mgr Rey et deviendra l’évêque de Guajará-Mirim.

Il est le Défenseur des Sans terre, des opprimés.

Premier évêque diocésain, engagé dans la commission pastorale de la terre ; il est proche des riverains des bords du fleuve, des prisonniers. Il fonde le séminaire diocésain de Guajará-Mirim, le séminaire Maximilien Kolbe.

Dom Benedito Araujo

Il est originaire du Nordest brésilien, succède à dom Geraldo en 2012.

Infatigable pasteur, il sillonne son diocèse plusieurs fois dans l’année, sur terre, par le fleuve (villages indigènes) à l’écoute de son peuple. Il est l’évêque actuel du diocèse.

Le Rondônia, un état à l’extrême Ouest du Brésil

Le Rondônia fait partie des 27 états constituant le Brésil. Il doit son nom au général Rondo qui, entre autres, y posa de nombreuses lignes télégraphiques.
Le fleuve Madeira, un affluent de l’Amazone, le longe à l’ouest, pour devenir, plus haut à l’est, le Mamoré faisant fonction de frontière avec la Bolivie.

Le Rondônia, un état à l’extrême Ouest du Brésil

Le Rondônia fait partie des 27 états constituant le Brésil. Il doit son nom au général Rondo qui, entre autres, y posa de nombreuses lignes télégraphiques.
Le fleuve Madeira, un affluent de l’Amazone, le longe à l’ouest, pour devenir, plus haut à l’est, le Mamoré faisant fonction de frontière avec la Bolivie. (photo)
Un front pionnier
Habité initialement par des Indiens, le Rondônia s’est progressivement peuplé de Sans Terres arrivés essentiellement du Nord Est, envahissant une partie des surfaces habitables, suivis de migrants venus de tout le Brésil.
En 1869 une voie ferrée destinée à transporter les balles de caoutchouc vers l’océan atlantique a été construite eliant Porto Velho (la capitale) à Guajará-Mirim au bord du, fleuve. Mais elle n’a pas longtemps vécu, suite aux innombrables accidents et morts provoqués par sa construction et ayant valu au train le triste nom de « petit train de la mort et la concurrence des plantations du sud est asiatique qui porta rapidement, hélas, un coup fatal au caoutchouc brésilien…

Seule la locomotive et la gare transformée en musée, attestent de son existence (photo)
Guajará-Mirim
Guajará-Mirim au bord du fleuve, est un cul-de-sac (la route s’arrête au bord du fleuve) et vit au rythme des petites villes fluviales bien qu’ayant eu des sursauts d’activités et des moments de gloire, à l’époque du caoutchouc, puis du café.
Un petit aéroport fut même construit, mais sa durée de vie n’a pas été longue.
Aujourd’hui, l’activité de la ville se résume essentiellement à un ensemble d’entrepôts.
La route asphaltée, (mais toujours en bon état !) la reliant à Porto Velho, (350 km) permet aux habitants de mieux se déplacer. Mais la BR 425 reste le seul lien entre Guajará, le Rondônia et le Brésil. (photo). Aucune grande agglomération entre les deux. Le téléphone ne passe pas. (pas de réseau)
Le fleuve, coupé de nombreux rapides, n’est pas navigable. (photo)
Plus d’avion, pas de train… Lors de violentes inondations, comme en 2018 où le fleuve est monté de plus de 10 m au moment de la saison des pluies (novembre à mai) , la route est restée des mois sous l’eau et la ville fut coupée de l’extérieur. Isolée.
La forêt omniprésente autrefois ne cesse de céder la place à l’élevage extensif, à la culture de riz, et de plus en plus, de soja. .Le sous-sol est systématiquement exploré. Les terres ancestrales indiennes se réduisent comme une peau de chagrin.